Gérer mon argent · Dettes et difficultés
Rembourser ses dettes et comparer les méthodes
Avalanche, boule de neige, remboursement supplémentaire : ces approches n’ont pas la même logique. Avant de choisir un ordre, il faut vérifier que toutes les échéances restent supportables et que le budget ne crée pas de nouvelles dettes.
Une méthode de remboursement sert à décider où diriger l’argent supplémentaire une fois les paiements exigibles couverts. Elle n’a de sens que si le budget peut continuer à payer le logement, l’énergie, l’alimentation, les transports nécessaires et les autres échéances. Si ce n’est plus le cas, la priorité n’est pas d’optimiser l’ordre de remboursement mais de traiter la difficulté elle-même.
Réponse rapide
Listez vos dettes, leurs soldes, leurs taux lorsqu’ils sont connus et leurs mensualités. Maintenez les paiements exigibles sur chacune d’elles, puis affectez uniquement la somme réellement disponible en plus à une dette cible. La méthode avalanche cible le taux le plus élevé ; la boule de neige cible le plus petit solde. Comparez surtout le coût, la durée, la lisibilité du plan et votre capacité à le tenir sans fragiliser le reste du budget.
Avant toute méthode, vérifiez que le plan est réellement finançable
Commencez par noter, pour chaque dette, le créancier, le solde restant, le taux ou le coût du crédit s’il est disponible, la mensualité et la prochaine échéance. Ajoutez les impayés éventuels, le découvert et les factures en retard. Le but est de séparer les dettes que vous remboursez normalement de celles qui demandent déjà une réaction urgente.
Calculez ensuite la somme réellement disponible après les dépenses indispensables et les paiements exigibles. Cette somme supplémentaire peut être fixe ou varier selon les mois. Si elle n’existe pas, créer artificiellement un “extra” en supprimant une dépense nécessaire ou en utilisant un nouveau crédit déplace simplement le problème.
Si plusieurs échéances ne peuvent déjà plus être réglées, commencez plutôt par le guide Sortir de l’endettement et par où commencer. La Banque de France indique qu’en cas de difficultés importantes et persistantes, un accompagnement ou une procédure de surendettement peut devenir pertinent selon la situation.
La méthode avalanche donne la priorité au taux le plus élevé
Avec l’avalanche, vous continuez à régler les montants exigibles sur toutes les dettes et vous dirigez la somme supplémentaire vers celle dont le taux est le plus élevé. Une fois cette dette soldée, la somme libérée est reportée sur la dette suivante dans l’ordre des taux.
La logique est mathématique : toutes choses égales par ailleurs, réduire plus vite le capital de la dette la plus coûteuse limite davantage les intérêts futurs que de rembourser en priorité une dette moins chère. Cette logique suppose toutefois que les taux soient comparables et que les conditions des contrats permettent les remboursements envisagés.
Son principal compromis est moins visible : si la dette au taux le plus élevé possède aussi un gros solde, elle peut rester longtemps ouverte. Le plan peut donc sembler avancer lentement même si son objectif est de réduire le coût financier.
La méthode boule de neige donne la priorité au plus petit solde
Avec la boule de neige, vous maintenez les paiements exigibles partout et vous concentrez l’argent supplémentaire sur la dette dont le solde est le plus faible. Lorsqu’elle disparaît, vous réaffectez sa mensualité et la somme supplémentaire à la dette suivante.
Cette approche privilégie la visibilité de la progression : une petite dette peut disparaître plus tôt et réduire le nombre d’échéances à suivre. En contrepartie, si cette petite dette a un taux faible alors qu’une autre dette coûte beaucoup plus cher, le total d’intérêts peut être supérieur à celui d’une stratégie qui cible d’abord le taux le plus élevé.
| Critère | Avalanche | Boule de neige |
|---|---|---|
| Dette ciblée en premier | Taux le plus élevé | Plus petit solde |
| Objectif principal | Réduire le coût des intérêts | Réduire rapidement le nombre de dettes |
| Progression visible | Peut être plus lente si la première dette est importante | Peut être plus rapide si une petite dette est proche d’être soldée |
| Coût total | Souvent plus faible à paiements comparables | Peut être plus élevé si des dettes chères restent ouvertes plus longtemps |
Exemple avec trois dettes et 100 € supplémentaires par mois
Prenons trois dettes fictives. Les mensualités prévues continuent d’être payées et le budget laisse 100 € supplémentaires par mois. Le tableau ne calcule pas la durée exacte de remboursement : il montre uniquement comment l’ordre change selon la méthode.
| Dette | Solde | Taux |
|---|---|---|
| Dette A | 900 € | 5 % |
| Dette B | 2 400 € | 13 % |
| Dette C | 5 000 € | 8 % |
En avalanche, les 100 € supplémentaires vont d’abord vers la dette B à 13 %, puis vers C à 8 %, puis vers A à 5 %. En boule de neige, ils vont d’abord vers A parce que son solde est le plus faible, puis vers B, puis vers C. Le montant des mensualités, la structure des intérêts et les règles de remboursement anticipé du contrat déterminent ensuite le résultat réel.
Combien ajouter au remboursement chaque mois ?
La somme supplémentaire doit venir d’une marge réellement disponible. Elle peut provenir d’une dépense durablement supprimée, d’une hausse de revenu déjà acquise ou d’un montant que le budget dégage régulièrement. Une rentrée exceptionnelle peut aussi servir au remboursement, mais elle ne doit pas être transformée artificiellement en mensualité permanente.
Si votre marge varie, partez d’un montant prudent. Un plan qui exige chaque mois 200 € supplémentaires alors que le budget n’en dégage que 80 à 150 € risque de produire de nouveaux découverts. Vous pouvez conserver un montant de base soutenable et décider séparément de l’usage des excédents lorsqu’ils existent réellement.
Point de vigilance
Avant un remboursement anticipé important, vérifiez les conditions du contrat et demandez à l’établissement concerné les conséquences sur la durée, les mensualités et les frais éventuels. Ne suspendez pas un prélèvement, ne modifiez pas un crédit et ne regroupez pas plusieurs prêts uniquement à partir d’une comparaison de mensualités.
Un regroupement de crédits n’est pas une troisième méthode de classement
Le regroupement modifie la structure des dettes en les réunissant dans un nouveau financement. Il peut réduire la mensualité lorsque la durée augmente, mais une mensualité plus basse ne signifie pas automatiquement un coût total plus faible. Durée, taux, frais et garanties doivent être examinés ensemble.
Il faut donc le distinguer de l’avalanche et de la boule de neige. Ces deux méthodes organisent des remboursements existants ; le regroupement crée un nouveau contrat. Ce changement mérite une analyse séparée et des informations écrites avant toute décision.
Quand faut-il arrêter de chercher la “bonne méthode” ?
Si le remboursement exige de retarder le loyer, l’énergie ou l’alimentation, si plusieurs échéances sont déjà impayées, si le découvert sert en permanence à vivre ou si vous empruntez pour rembourser d’autres dettes, le choix entre avalanche et boule de neige devient secondaire.
Les Points conseil budget proposent un accompagnement gratuit et confidentiel aux personnes rencontrant des difficultés budgétaires. La Banque de France informe et oriente également les particuliers qui ne parviennent plus à faire face à leurs dettes. Dans ces situations, remettre le budget et les échéances à plat est plus important que d’optimiser quelques points d’intérêt.
Suivez le plan avec quelques chiffres simples
Une fois la méthode choisie, un suivi mensuel peut rester très simple : solde de chaque dette, mensualité payée, somme supplémentaire versée et date estimée du prochain changement de priorité. Mettez à jour les chiffres à partir des relevés ou documents du créancier plutôt qu’à partir d’une estimation ancienne.
Le plan doit aussi être révisé lorsqu’un élément important change : perte ou hausse de revenu, nouvelle dépense nécessaire, fin d’un crédit ou apparition d’un retard. Changer de méthode n’est pas un échec si les hypothèses de départ ne sont plus les mêmes. L’objectif est de conserver un remboursement compatible avec le budget réel.
Méthode et sources
Les exemples sont fictifs et servent uniquement à expliquer les mécanismes. Cette page ne constitue pas une recommandation personnalisée de crédit, de regroupement ou de remboursement.
Sources utiles
- Mes questions d’argent — Points conseil budget : accompagnement budgétaire gratuit et confidentiel.
- Banque de France — Faire face à des difficultés financières ou à des dettes : orientation et procédure de surendettement.
Prochaine étape
Si vos remboursements restent supportables, transformez la méthode choisie en plan mensuel. Si le budget ne couvre déjà plus plusieurs échéances, revenez plutôt au guide Sortir de l’endettement et par où commencer.
